Des tuteurs bénévoles en français à McGill? C’est possible!

February 27, 2020  —  Uncategorized

Chaque semaine, durant le semestre dernier, l’étudiant en médecine Raphieal Newbold se rendait dans une école élémentaire de Lasalle pour accomplir trois heures d’aide aux devoirs, dans le cadre du programme Zone de soutien pédagogique (Homework Zone). Il a d’abord couvert les domaines de la conversation anglaise, des mathématiques et finalement il a aidé les jeunes avec leur français. « Étant donné que je suis moi-même en train d’apprendre le français, c’était très stimulant. »

Sous l’égide du Bureau de l’éducation en équité sociale et diversité (SEDE) de McGill, le programme de mentorat attire plus d’une centaine de volontaires chaque semestre à McGill. C’est plus de trois fois le nombre d’étudiants que Homework Zone recrutait à ses débuts en 2011. Par l’intermédiaire du SEDE, l’université jumelle des étudiants bénévoles de l’université à des élèves des commissions scolaires Lester-B Pearson et English Montreal.

Encourager l’engagement social chez nos étudiants

Selon Anurag Dhir, un des deux coordonnateurs principaux du programme, au SEDE, Zone de soutien pédagogique permet de briser les barrières entre l’Université et la communauté montréalaise. « En plus de ses effets positifs sur les jeunes des quartiers défavorisés, le programme encourage l’engagement social chez nos étudiants » ajoute-t-il.

Trois heures par semaine, après l’école, des étudiants de toutes les facultés se réunissent en groupe de cinq ou six et se dirigent vers l’une des cinq ou six écoles, primaires ou secondaires, inscrites au programme. Une fois sur place, leurs tâches consistent à compléter l’enseignement que reçoivent les élèves en classe, à les aider à maintenir leurs travaux scolaires à jour, à écouter chaque élève s’exprimer sur ses intérêts et surtout à montrer aux élèves ce que pourrait être leur vie s’ils poursuivaient leurs études.

Le but ultime est en effet d’aider le jeune à prendre sa place dans le monde de demain, confirme Anurag Dhir. « Nos mentors doivent prêcher par l’exemple. La persévérance scolaire qu’ils symbolisent, c’est ce qu’ils doivent faire valoir avant tout. »

Étudiante de 3ème année en sciences biologiques à McGill, Anne-Marie Doucet est reconnaissance à Zone de soutien pédagogique pour lui avoir permis de se faire des amis et de réduire son stress. « J’étouffais à force de demeurer tout le temps le nez dans mes bouquins. Aider un jeune, ça nous aide aussi. »

En stage depuis janvier chez Cytophage Technologies, à Winnipeg, l’étudiante de Québec a exercé son mentorat à l’école secondaire Howard S. Billing à Kahnawake. Sa matière? Le français. « Les programmes de soutien scolaire font une différence, croit-elle. Mais il faudrait redoubler nos efforts. Les besoins sont là. »

Briser l’isolement

Pour Rahaeil, l’expérience a eu un effet positif pour contrer son isolement. « J’avais besoin de contacts avec les autres. Avec Homework Zone, on côtoie d’autres réalités sociales et culturelles, que les nôtres. C’est très valorisant. »

À cause de la nature anglophone de l’institution et de sa situation à l’intérieur de la ville, McGill peut donner l’impression de constituer une bulle à part. Le programme Zone de soutien pédagogique permet à l’étudiant de sortir de sa zone de confort pour créer des liens solides avec la communauté montréalaise.

Le programme agit comme une sorte d’antidépresseur, croit Charlotte Goldberger étudiante en psychologie d’origine française. « Toutes les semaines, on se retrouve avec les mêmes personnes autour d’une table. On se fait plein d’amis. On connaît des gens qu’on n’aurait pas nécessairement rencontrés. »

Pour Noa Fragneau, étudiante de 2ème année en Éducation, Homework Zone a été l’occasion de repenser à son avenir.  « Je me suis demandé si je ne préférerais pas enseigner au secondaire, alors que jusque-là je me dirigeais vers les services à la petite enfance. »

À Howard S. Billing, Noa a eu la chance de travailler à l’aide aux devoirs en français avec le même élève toutes les semaines. « Au début, il ne se faisait pas confiance. Je savais qu’il avait surtout besoin d’encouragements. Je pouvais voir ses progrès. »

Qu’on se le dise, l’accompagnement favorise la réussite scolaire. « Avec le programme, on les accroche à l’école, conclut M. Dhir. Et cela c’est important. »

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